Petite Ségolène
Les échanges d'aides au sein de la famille

Mémoire de DEA sous la direction d'Alexis FERRAND - septembre 1997

Cette recherche situe la circulation des aides au sein de la famille dans la perspective théorique de l'échange social, et cherche à en découvrir des facteurs explicatifs dans les propriétés des liens qui servent de support à ces échanges autant que dans les caractéristiques de la structure relationnelle dans laquelle ils s'insèrent. Des travaux empiriques déjà réalisés sur l'entraide laissent apparaître que la principale sphère relationnelle qui procure des aides est la famille. Si nous admettons avec Peter M. Blau que les individus choisissent parmi toutes les relations alternatives potentielles dont ils disposent, celle avec laquelle ils échangent en sélectionnant la ëmeilleure' alternative, il s'agit de proposer des éléments qui expliqueraient la place prépondérante des liens familiaux quant à l'entraide, face aux relations d'autres contextes relationnels susceptibles d'être mobilisées. Deux hypothèses sont avancées :
1. Des contraintes normatives pèsent sur les relations de telle sorte que certaines aides sont autorisées dans certaines relations alors que ces mêmes aides sont inconvenantes pour d'autres relations. Des aides seraient principalement effectuées au sein de la famille dans la mesure où les modèles d'ajustement des relations les interdisent aux relations appartenant à d'autres contextes relationnels. Par ailleurs, les relations familiales, notamment filiales et conjugales, sont contraintes par des règles juridiques qui imposent un certain nombre de devoirs de solidarité. 2. La caractéristique fondamentale de l'échange social est de générer pour celui qui reçoit l'obligation de rendre ëquelque chose' sans que la nature de ce retour soit l'objet d'une négociation contractuelle, préalable et explicite, entre les partenaires. La confiance nécessaire à l'échange ne reposerait pas uniquement sur la relation interpersonnelle qui lui sert de support mais également sur la structure relationnelle en mesure d'en contrôler le déroulement et de sanctionner les partenaires qui ne se conformeraient pas convenablement à ses règles. Une spécificité de la structure de parenté serait d'être fortement interreliée, ce qui autoriserait la circulation d'aides qui supposent un investissement relationnel important. Une méthode de recueil de données est proposée et testée sur un petit échantillon. Elle vise a) à recenser de manière plus ou moins exhaustive les relations potentiellement mobilisables b) à en extraire les relations qui apportent effectivement une aide c) à rendre compte de contraintes normatives qui pèsent sur les choix relationnels qu'opèrent les acteurs en observant quels sont les interdits relationnels d) à décrire l'interconnaissance de partenaires ëaidants' de chaque acteur.


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