GARES

Groupe d'Analyse des Réseaux, Espaces et Structures Sociales



L'ANALYSE DES RESEAUX
DE RELATIONS


Le paradigme structural en sociologie permet de dépasser l'opposition classique entre holisme et individualisme. Il intègre de façon précise et différentielle les contraintes relationnelles qui pèsent sur l'action individuelle et collective. 
Il examine en premier lieu la façon dont les contextes spécifiques d'action influencent les cognitions (représentations, savoirs, normes, préférences) ; les ressources mobilisables et leur allocation plus ou moins solidaire ; les contrôles (sanctions positives et négatives).

Il spécifie de manière théorique et empirique ces contextes d'action à partir
a) de systèmes relationnels, chacun étant caractérisé par un modèle d'organisation particulier des liens entre acteurs (caractérisé par un type de « structure », en tant que modèle conceptuel de cette organisation). 
b) d'interdépendances entre différents systèmes relationnels exerçant des contraintes. 
c) de procédures de positionnement des acteurs dans cette structure (appartenance à un sous-ensemble cohésif ou d'équivalence ou au moyen de mesures de centralité).
Il peut interpréter ensuite les pratiques plus ou moins stratégiques des acteurs à partir des positions que ces derniers occupent dans les systèmes relationnels examinés (à partir des influences sur les cognitions et/ou les ressources et/ou les contrôles).

Le modèle d'acteur le plus souvent retenu est celui de la rationalité limitée et stratégique. On considère que les positions occupées dans les systèmes relationnels :
a) offrent des alternatives d'action plus ou moins nombreuses et ouvertes entre lesquelles les acteurs peuvent choisir ; 
b) influencent les capacités des acteurs à se représenter ces alternatives, à les valoriser ou à les politiser.
Deux modèles d'action souvent retenus sont :
a) l'échanges de ressources : comment des acteurs échangent des ressources grâce à des liens spécifiques pour réaliser leurs préférences (cf. capital social) ; 
b) l'intervention sur la régulation : comment des acteurs cherchent à modifier les conditions et les règles de l'échange.


Les recherches les plus récentes :
a) abordent la dynamique des systèmes relationnels en montrant comment des stratégies sous contraintes (par exemple d'investissements relationnels) conduisent à les reproduire ou à les modifier.
b) tendent ainsi à avancer dans la découverte des articulations entre niveaux différents : comment les échanges locaux reproduisent vs transforment l'organisation globale d'un système donné ; comment deux ou plusieurs systèmes interagissent, modifiant les caractéristiques d'une organisation macro-sociale.


La méthodologie privilégiée est celle de l'analyse des réseaux sociaux :
a) dont les procédures particulières d'enquête permettent l'observation de réseaux complets ou de réseaux personnels à partir d'informations sur les contenus et les formes de relations entre chaque acteur d'un système social considéré (ou seulement ses partenaires pour les réseaux personnels);
b) dont les procédures particulières d'analyse de données permettent la mise en évidence des caractéristiques structurales des systèmes relationnels et l'identification des positions qu'occupent les acteurs.


Alexis Ferrand et Emmanuel Lazega.

haut de la page